Hammer la fille

4° de couverture :

 

"Le cadavre d’une jeune prostituée africaine est retrouvé dans un marais au nom funeste perdu en pleine campagne. Le corps est dans un état de décomposition avancée, la mort re­monte à plus de six mois. Pourtant, personne n’a signalé la disparition. Le bloc de pierre auquel la dépouille est attachée exclut l’hypothèse d’un décès accidentel, mais l’absence d’in­dices complique considérablement les investigations.
Après une bourde très médiatisée de la police locale, l’af­faire se retrouve sur le bureau du chef de la brigade criminelle de Copenhague, l’inspecteur Simonsen. Si tous les moyens sont alors donnés aux membres de son équipe pour élucider l’affaire, ils se heurtent aux portes fermées et aux secrets bien gardés d’une élite prête à tout pour dissimuler sa compro­mission. La piste les mène notamment à l’énigmatique Be­nedikte Lerche-Larsen mais la jeune femme, animée par une ambition dévorante et forte d’une formation de nombreuses années auprès de son père qui a bâti son empire sur la misère des femmes, ne cesse de leur glisser entre les doigts.
Le cynisme glacial et le mépris de la vie humaine sont au rendez-vous dans ce quatrième volet, tant attendu, des en­quêtes de l’imperturbable Konrad Simonsen."

Dans ce quatrième volet des enquêtes de l’inspecteur Simonsen et de son équipe, Lotte et Soren Hammer dénoncent le trafic des êtres humains et en particulier les violences faites aux femmes, au Danemark.

Premier septembre, jour de l’ouverture de la chasse au canard, un chasseur découvre un crâne humain, dans le marais de Satan. Malgré le peu d’indices matériels les hypothèses d’un décès accidentel ou d’un suicide sont rapidement rejetées. Mais l’enquête s’enlise lentement à cause de cette absence d’indice, et aurait fini par être classé sans une bourde très médiatisée de la police locale.

L’affaire est alors confiée à la brigade criminelle de Copenhague, qui, avec bien des difficultés, finit par identifier la victime : une jeune prostituée originaire d’Afrique, arrivée depuis quelque temps. L’enquête nous dévoile les dessous de ce sordide trafic de jeunes femmes, attirées en Europe par la promesse d’une vie meilleure, puis papiers confisqués (pour celles qui en possédaient), violées, battues, brisées, « matées », vendues et revendues de réseau en réseau « jusqu’à ce qu’elles soient tellement vieilles et délabrées que plus personne ne veuille payer cinquante couronnes pour elle. » Leurs recherches, conduisent les enquêteurs dans des milieux très divers, ancienne noblesse et nouveaux riches qui tous, ont, en commun leurs arrogances, leurs sentiments d’impunités et leurs mépris pour « les classes populaires » en général et les femmes en particulier. Malgré leurs moyens, les enquêteurs se heurtent très vite à des portes closes qui protègent les secrets très bien gardés d’une élite qui profitent, dans tous les sens du terme, de cette exploitation.

Pour les amateurs du genre : une intrigue prenante et bien menée, , sans oublier le (ou les) coup(s) de théatre(s) final(aux) ; des personnages complexes (aussi bien du côté des enquêteurs que des suspects et/ou coupables), et une description au vitriol des bas-fonds de la république danoise .

De Lotte & Soren Hammer,

Traduit du danois par Frédéric Fourreau,

Actes sud, 2018,

480 pages.