S_quoias

Dans son deuxième roman, avec sa verve coutumière Michel Moutot nous conte la rué vers l’or de 1848, en Californie. L’épopée de personnages venus d’horizons divers et en particulier de Mercator Fleming, et de ses frères.

A la mort de leur père, chasseur de baleine réputé de Nantucket, les trois frères Fleming : Mercator, Michael et Nicholas se retrouvent orphelin, criblés de dette et en possession de la moitié d’une baleinière : le freedom. Mais de l’or a été découvert en Californie Mercator convainc ses frères de partir sur leur bateau : à l’époque, le moyen le plus simple- le moins compliqué, plus exactement- pour rejoindre la côte Ouest. Conséquence de la rué vers l’or :. Les passagers payants se battent pour embarquer sur le freedom, il n’y a plus une pioche de disponible de New York à Valparaiso, les bateaux ne reviennent pas,  car les marins désertent le bord pour se joindre aux hordes de chercheurs d’or.

Après six mois de mer, de grandes difficultés et un décés, leur but est en vue, San Francisco : « odeurs de vase, de crasse, d’ordures et de viande grillée, cloaque du bout du monde où les rats trottent en file indienne » C’est le rendez-vous de tous les espoirs mais aussi de tous les truands, de tous les aventuriers de l’ancien et du nouveau monde, on y parle anglais, français, espagnol …

Très vite Mercator décide de profiter d’une des richesses exceptionnelles de cette côte : les séquoias : « des géants trois fois plus grands que le plus grand des mâts de navire, si grands que leurs faîtes  semblent toucher le ciel. Des troncs à l’écorce rouge, si larges que quatre hommes se donnant la main n’en feraient pas le tour. » Grace au progrès technologique, il peut débiter ces immenses troncs dans des scieries qu’il fait construire, la demande de bois est immense, la fortune est assuré.

Avec bonheur, Michel Moutot conte les débuts de  l’Age d’or de la bourgeoisie américaine : pillage effréné des ressources naturelles, de la faune et de la flore, et, massacre des peuples autochtones.

De Michel Moutot,

Seuil, 2018,

480 pages.